







































Du 6 au 10 avril, le Campus Caribéen des Arts (CCA) a vibré au rythme d’un workshop dédié à la conception du futur pavillon des jardins de la Direction des Affaires Culturelles (DAC). Cet événement a réuni une trentaine de jeunes professionnels et étudiants en art, design et architecture autour d’un défi de taille : concevoir une structure de 60 m2 capable d’accueillir 60 personnes pour des présentations en extérieur et pour un budget de 60 000E.
Au fil de la semaine, le Campus Caribéen des Arts s’est transformé en un véritable laboratoire d’expérimentation, où les idées se sont construites dans le dialogue constant entre intervenants, étudiants et territoire.
Tout commence le 6 avril avec La Cabina de la Curiosidad, portée par Marie Combette et Daniel Moreno Flores. Leur manière d’aborder le site ouvre d’emblée les perspectives : il ne s’agit plus seulement de dessiner un projet, mais de capter ce qui ne se voit pas — les flux, les vents, les tensions du paysage, la culture du milieu et son histoire. Cette entrée en matière installe une attention particulière au lieu, qui accompagnera les équipes tout au long de la semaine.
Le lendemain, Kathleen Surena et Débora Pronzola viennent ancrer les premières intuitions dans la réalité climatique et les paramètres géographiques et environnementaux de la Martinique. Leur lecture des risques majeurs sur site tropical rappelle la complexité du territoire Caribéen: ici, chaque choix architectural dialogue avec le climat, la topographie, les vents, les risques naturels. Peu à peu, les premières idées prennent forme, en maquette comme en dessin, comme pour tester la géométrie de ces paramètres bioclimatiques. La journée s’est achevée au Patio 19, rue Rogier, pour l’exposition d’abitē: NE PAS TOUT RASER!. Autour d’un verre, Chloé Chadelaud et David Fontcuberta ont partagé le potentiel de réhabilitation urbaine à Fort-de-France. Une vision politique et poétique forte a résonné chez tous les participants : celle que « réhabiliter est un acte de résistance ».
Le 8 avril, Cyrille Rochambeau (Baho Design Studio) apporte un regard curieux et évolutif sur le projet. Son expérience du chantier et du design ramène les participants à la matière, aux détails, à la réalité de fabrication. Ce passage par le concret guide les propositions, qui commencent à chercher une justesse constructive autant qu’une intention spatiale. La journée se prolongera à 18h30 avec le Ciné Archi, organisé par la Maison de l’Architecture de Martinique à la galerie-école du campus. À cette occasion, sera projeté le film consacré au festival d’architecture MATJOUKANN 2025.
Le 9 avril, Fabrice Henry (Tephra Studio) appelle à l’architecture comme expérience. Entre scénographie, lumière et paysage, il invite à penser le pavillon comme un récit spatial, où chaque élément participe d’une mise en scène du lieu. À ce stade, les projets gagnent en profondeur, en atmosphère, en intention.
Puis arrive le 10 avril, avec Carole Diop (Afrikadaa), qui replace l’ensemble dans une lecture plus large des territoires et des récits urbains. Son regard sur Dakar et les dynamiques invisibles des villes résonne avec les questionnements des étudiants : comment raconter un lieu, comment révéler ce qui structure un espace sans toujours être visible ? C’est dans cette tension que les projets se finalisent, entre urgence du rendu et nécessité de production.
En fin de journée de ce vendredi, les jardins de la DAC accueillent l’exposition « Los caminos del agua », avant que les équipes ne présentent leurs projets devant le jury. L’atmosphère est dense, presque suspendue. Deux propositions émergent : « PASAJ » et « Gran Kamouflaj », deux visions très différentes, pertinentes, dont il reste à départager.
Après délibération, le jury choisit de retenir « PASAJ », porté par Leïla Lambert (étudiante en 2ème année de DN MADE Espace, Guadeloupe), Julie Vasse (designer d’objet, Martinique), Danny Dangany (étudiant en 3ème année de design graphique, Martinique) et Viki Karner (étudiante en dernière année d’architecture en Belgique, Martinique). Le projet séduit par la fluidité de son parcours, la justesse de son implantation et sa capacité à transformer le site en espace traversant, ouvert et habité. Il sera développé en vue d’une réalisation à l’échelle 1.
Une mention spéciale est également attribuée à « Gran Kamouflaj », salué pour la force de son geste architectural.
Au-delà du résultat, ce qui découle surtout de cette semaine, c’est la manière dont les projets ont évolué au contact des intervenants, des contraintes et du lieu, des nouvelles idées qui émergeaient.
L’agence abitē tient à remercier toutes les participantes pour leur engagement et leur travail collectif autour de ces cinq propositions intéressantes.
Nous remercions également les intervenants : Marie Combette et Daniel Moreno de La Cabina de la Curiosidad, Kathleen Surena et Débora Pronzola, Fabrice Henry du Studio Tephra, Cyrille Rochambeau de Baho Design Studio, ainsi que Carole Diop, pour la qualité de leurs apports pédagogiques et de l’accompagnement des réflexions.
Enfin, l’agence adresse ses remerciements aux partenaires sans lesquels cet événement n’aurait pu voir le jour : la Direction des Affaires Culturelles de Martinique, le Campus Caribéen des Arts, la Maison de l’Architecture de Martinique et La Station Culturelle.
Au-delà des projets, ce workshop a mis en lumière une génération de jeunes engagées et inventives. Dans un contexte où la Martinique et la Guadeloupe ne disposent pas d’école d’architecture et très peu de place dans les formations similaires, ces espaces d’expérimentation deviennent nécessaires.
En croisant les disciplines, les outils et les regards, cette semaine a révélé la richesse d’une pratique collective trop rare. Elle pose aussi une question simple : comment permettre à ces jeunes de se construire ici, plutôt que de partir ailleurs ?
abitē espère que cette dynamique se prolongera, à l’échelle des Caraïbes et des milieux qui partagent les mêmes problèmes. Il serait temps de multiplier les initiatives qui soutiennent la formation, les collaborations,et de toujours les pousser vers des pratiques résilientes, culturelles, responsables, durables et adaptées aux territoires.
Si la ville est bien meilleure lorsque nous la construisons ensemble, pourquoi serait-ce différent pour les esprits qui façonneront un jour nos territoires ?







Nous avons le plaisir de réunir un ensemble d’intervenants internationaux issus de disciplines transversales, notamment l’architecture et le design. La diversité des regards permettra d’aborder le projet sous différents angles, favorisant une approche globale de la conception.
Afin d’enrichir l’expérience pédagogique, chaque matin de 11h à 12h30, les invités partageront leur expertise à travers une série de masterclass. Ces interventions viendront rythmer le workshop en offrant un temps dédié à la transmission et à la discussion.
Ces rendez-vous constitueront ainsi des moments privilégiés pour croiser les regards, confronter les approches et enrichir les projets développés au fil des ateliers.










La Cabina de la Curiosidad est née de la volonté d’explorer la pensée, d’étudier les ressources matérielles, ainsi que de réfléchir et de questionner les modèles de développement urbain. Notre objectif est de soutenir la culture à travers des pratiques ethnographiques et architecturales, de sensibiliser à la gestion des déchets, de valoriser les écosystèmes naturels et de promouvoir des solutions durables pour l’habitat humain.




Débora Pronzola et Kathleen Surena, deux architectes martiniquaises spécialisées en architecture et risques majeurs.
Diplômées des ENSA Paris-Belleville et Paris-Est, leurs parcours sont nourris d’expériences en France et à l’international, entre projets urbains, architecture bioclimatique et travail de terrain en contextes variés, notamment en milieux à risques.
Lors de leurs masterclass, elles partageront leur expertise sur la conception d’une architecture durable et résiliente face aux risques naturels (séismes, cyclones, inondations), avec des clés concrètes pour concevoir des projets adaptés aux territoires, en particulier insulaires.






Pour Cyrille Rochambeau, l’architecture est un dialogue permanent entre l’infiniment petit et la complexité urbaine. Originaire de Fort-de-France, il explore la discipline comme une pratique transversale où la précision du design produit rencontre la rigueur de la gestion de chantier. Sa démarche, enrichie par une itinérance internationale entre la Caraïbe, l’Asie et l’Afrique, place la synergie des savoir-faire au cœur de la création. À travers le studio BAHO, il milite pour une architecture durable et pluridisciplinaire, capable de transformer chaque contrainte technique en une opportunité poétique pour le territoire.












Le Studio Tephra conçoit l’architecture comme une strate sédimentaire ajoutée à l’histoire d’un lieu. Ce laboratoire transatlantique, opérant entre la France et la Colombie, explore les interstices entre l’architecture, la scénographie et le paysage pour révéler la poétique sensible des territoires. Leur démarche, résolument in situ, interroge la matière et le climat comme des acteurs vivants du projet, transformant chaque intervention en un dialogue entre mémoire et écosystème. En cultivant une interdisciplinarité rigoureuse, le collectif ne se contente pas de bâtir : il sédimente des récits de caractère où la forme construite devient une lecture attentive, durable et habitée de la localité.




La démarche de Carole Diop s’articule autour de l’exploration de la ville comme un laboratoire vivant et un espace d’exposition à ciel ouvert. À travers ses recherches et ses balades architecturales à Dakar, elle interroge les récits urbains pour révéler une cartographie sensible du territoire. Son engagement, à la croisée de l’enseignement de l’histoire et de la conception d’espaces culturels hybrides, vise à honorer le patrimoine sénégalais tout en réinventant les modèles de développement pour une culture urbaine contemporaine et inclusive.
Du 6 au 10 avril 2026, la Martinique accueillera un Workshop international consacré à la conception et à la construction d’une structure bioclimatique, au cœur des jardins de la Villa Les Pergolas, siège de la Direction des Affaires Culturelles de Martinique à Fort-de-France.
Porté par l’agence abitē, mandatée par la DAC Martinique, le projet est mené en collaboration avec le Campus Caraïbéen des Arts (CCA), La Station Culturelle et la Maison de l’Architecture de Martinique.
L’ambition est double : concevoir la structure en avril 2026, puis la réaliser durant l’été 2026 (juillet-août).
Concevoir, débattre, expérimenter et construire : une semaine pour imaginer collectivement une architecture bioclimatique sensible, située et engagée.
Au-delà de l’objet construit, le Workshop poursuit un objectif intrinsèque fort : favoriser des échanges riches entre actrices internationales de la culture architecturale.
Étudiantes, jeunes architectes et jeunes professionnelles seront invitées à partager leurs expériences et leurs visions, dans une dynamique collaborative. Cette diversité de parcours permettra :
La Martinique devient ainsi un terrain d’expérimentation privilégié, où les savoirs académiques rencontrent la pratique constructive.
Le Workshop s’inscrit également dans une logique de reconnaissance pédagogique. Les étudiantes du Campus Caraïbéen des Arts (CCA) pourront, selon les modalités définies par l’établissement, valider des crédits ECTS et/ou des heures de stage.
À l’issue du Workshop, les participantes pourront obtenir un certificat de participation pédagogique, délivré conjointement par le Campus Caraïbéen des Arts (CCA) et la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de Martinique.
Implantée dans les jardins de la Villa Les Pergolas, la structure bioclimatique devra dialoguer avec son environnement paysager et répondre aux spécificités du climat tropical martiniquais.
L’enjeu : développer des stratégies passives adaptées (ventilation naturelle, protection solaire, gestion des eaux, matériaux pertinents), tout en intégrant les dimensions culturelles et sociales propres au territoire.
Ce travail d’adaptation constitue le fil conducteur du workshop : penser une architecture située, consciente de son contexte géographique, climatique et humain.
Commentaires récents