Colloque « Architecture, Urbanisme, Cadre de vie dans les DROM »

Retour d’expérience de la participation d’abitē en Guyane

Les 5 et 6 mars 2026, l’association abitē a eu l’honneur de participer à plusieurs temps d’échanges et de réflexion en Guyane autour des enjeux contemporains de l’architecture, de l’urbanisme et du cadre de vie dans les territoires ultramarins. Ces rencontres, organisées à Cayenne, ont permis de réunir chercheurs, étudiantes en architecture, architectes, institutions et associations engagées dans la transformation des villes et des territoires.

L’invitation adressée à abitē par Carine Olive, Conseillère Architecture Aménagement Cadre de Vie auprès des Services de l’État en Guyane, témoigne de l’intérêt porté aux initiatives associatives et aux travaux de recherche menés dans les territoires ultramarins, notamment en matière de patrimoine architectural, de mémoire urbaine et de coopération interterritoriale.

Projection et échanges autour du film Penser l’incertitude

En amont du colloque, abitē a été invité à participer à la projection du film Penser l’incertitude, organisée le jeudi 5 mars au tiers-lieu 32-bis à Cayenne. Cet événement s’inscrivait dans le cadre d’un workshop organisé par la DCJS de Guyane, réunissant des étudiantes en architecture issues des écoles de La Réunion, Grenoble et Marseille.

La projection a été suivie d’un temps d’échange avec les participantes du workshop, offrant l’occasion d’aborder collectivement les questions de transformation des territoires ultramarins, de pratiques architecturales situées et de production de connaissances dans des contextes marqués par l’incertitude climatique, sociale et territoriale.

Ce moment a constitué une première étape importante de dialogue avec les étudiantes et les acteurs locaux, soulignant l’importance de la transmission et de la circulation des idées entre générations et entre territoires.

Un colloque riche en échanges interdisciplinaires

Le 6 mars 2026, le colloque « Architecture, Urbanisme, Cadre de vie dans les DROM », organisé dans les locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Guyane, a prolongé ces discussions à travers une série d’interventions abordant des thématiques essentielles pour les territoires ultramarins : patrimoine architectural, urbanisme bioclimatique, revitalisation des centres urbains et transformation des espaces publics.

Les présentations des professeurs de l’ENSA de Grenoble et de Marseille, Sophie Paviol et Jean-Christophe Grosso, respectivement, ont interrogé la patrimonialisation de l’architecture du XXᵉ siècle en Guadeloupe, mettant en lumière les relations entre mémoire, usages et identité territoriale. Le CAUE de Guadeloupe a quant à lui exposé des démarches de valorisation des centres-bourgs, soulignant l’importance d’approches interdisciplinaires pour préserver et réactiver les centralités historiques.

Les enjeux environnementaux et climatiques ont également occupé une place centrale. L’association AQUAA de Guyane a présenté ses recherches sur l’urbanisme bioclimatique, tandis que l’ENSA de La Réunion a partagé des expérimentations sur les bâtiments à systèmes dépressionnaires adaptés aux climats tropicaux. Enfin, les travaux de l’association GRAOU ont ouvert une réflexion sur les dispositifs mobiles dans l’espace public et les dynamiques transfrontalières entre Cayenne et Belém.

La contribution d’abitē : archives et mémoire de l’architecture moderne

Lors de cette rencontre, abitē a présenté le projet ARMOMA – Archive de l’Architecture du Mouvement Moderne en Martinique. Cette initiative de recherche vise à documenter et valoriser l’architecture moderne du territoire martiniquais, tout en interrogeant les processus de décolonisation du regard architectural et la construction des identités territoriales dans les contextes ultramarins.

Cette intervention a permis d’ouvrir un dialogue avec les autres territoires représentés, qui partagent souvent des problématiques similaires : reconnaissance du patrimoine récent, transmission des savoirs architecturaux et adaptation des pratiques aux réalités climatiques et culturelles locales.

L’importance des réseaux dans les territoires sans école d’architecture

Au-delà des interventions, ces rencontres ont rappelé l’importance fondamentale de la création de réseaux entre acteurs de l’architecture et de l’aménagement dans les territoires ultramarins. Dans plusieurs de ces territoires, l’absence d’école d’architecture locale limite les possibilités de formation, de recherche et de diffusion des connaissances.

Dans ce contexte, les colloques, workshops et projections constituent des moments essentiels pour favoriser la circulation des idées, la mutualisation des expériences et la construction de collaborations durables entre institutions, universités, associations et professionnels.

Ces échanges contribuent également à renforcer la visibilité des initiatives locales et à structurer un écosystème de réflexion et d’action adapté aux réalités ultramarines, où les enjeux climatiques, patrimoniaux et sociaux se croisent et se renforcent.

Vers une coopération renforcée entre les DROM

La participation d’abitē à ces rencontres en Guyane s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération entre territoires ultramarins. Face aux défis communs — adaptation climatique, préservation des patrimoines, transformation des centres urbains — ces territoires constituent un véritable laboratoire d’innovations architecturales et urbaines.

En favorisant le dialogue entre chercheurs, institutions et acteurs associatifs, ce type d’événement contribue à construire une culture partagée de l’architecture et de l’urbanisme dans les outre-mer.

abitē remercie chaleureusement Carine Olive et les Services de l’État en Guyane, ainsi que l’ensemble des partenaires et organisateurs, pour cette invitation et pour l’organisation de ces rencontres qui ont permis de renforcer les liens entre les différents territoires et de nourrir une réflexion collective sur l’avenir de nos villes ultramarines.

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